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14/11/2016
La recherche révèle un facteur génétique spécifique responsable d’un grave sous-diagnostic du diabète de type 2 chez la population inuite
La découverte qu’un pourcentage important de la population inuite du Groenland possède un facteur génétique particulier qui la rend susceptible de développer un prédiabète et un diabète de type 2 non diagnostiqué a amené le docteur Brent Richards, de l’Institut Lady Davis de l’Hôpital général juif, à étudier les Inuits de l’Amérique du Nord (le Canada a la plus grande population inuite au monde) pour savoir si la même situation prévaut chez cette population. Ses collaborateurs et lui ont découvert que 27 % des Inuits du Nunavik et de l’Alaska possédaient une variante du gène TBC1D4 qui diminue légèrement la glycémie avant un repas tout en l’augmentant après avoir mangé. Ce dernier effet est connu comme un important facteur de risque de complications du diabète (y compris la crise cardiaque, l’accident vasculaire cérébral, la perte de membres, l’insuffisance rénale et la cécité). Par ailleurs, ce curieux effet signifie que le diabète peut seulement être détecté si un test appelé hyperglycémie provoquée par voie orale (HGVO) est effectué après la consommation d’aliments. Moins d’un pour cent des tests de diabète emploient cette méthode parce qu’elle nécessite que les patients attendent de faire analyser leur taux de glucose deux heures après avoir consommé une boisson sucrée à la clinique.

« C’est un test laborieux », admet le docteur Richards, professeur agrégé en médecine à l’Université McGill, « mais c’est le seul moyen de détecter la maladie chez les Inuits ayant cette variante génétique parce que leur glycémie à jeun est basse ».
À moins qu’une HGVO soit effectuée, un nombre important de personnes qui, en fait, sont atteintes de diabète ou de prédiabète ne seront pas diagnostiquées jusqu’à ce qu’elles commencent à souffrir des complications causées par la maladie. Ainsi, elles n’auront jamais la possibilité de prendre en charge efficacement leur diabète en modifiant leur mode de vie et leur régime alimentaire et ainsi diminuer leur risque de développer des problèmes de santé à l’avenir.

« Compte tenu de la prévalence de cette variante génétique, 10 % de tous les Inuits pourraient être atteints de diabète ou de prédiabète sans le savoir à moins de subir une HGVO », affirme le docteur Richards. « Il est donc très probable que nous ayons sous-estimé la prévalence du diabète chez cette population. »

« Fait à noter », affirme le docteur Despoina Manousaki, auteur principal de l’étude, « jusqu’à tout récemment, très peu d’Inuits étaient atteints de diabète. De nos jours, cependant, avec l’adoption de plus d’aliments transformés, de féculents et de glucides dans leur alimentation, ils ont rejoint les taux observés dans le reste du Canada. Étant donné que nous croyons maintenant ne pas diagnostiquer adéquatement le diabète chez de nombreux Inuits, celui-ci pourrait être plus fréquent chez cette population que la moyenne canadienne. »

L’accessibilité aux soins de santé est un problème, chez les communautés nordiques, qui affecte le diagnostic et les plans de traitement. On pourrait offrir aux Inuits de subir des tests génétiques pour voir s’ils ont la variante particulière du TBC1D4 qui cause cette anomalie du glucose ou ils pourraient subir une HGVO pour évaluer avec précision s’ils sont diabétiques.

Cette modification génétique se manifeste seulement chez les Inuits. Une hypothèse est qu’il s’agissait d’une adaptation nécessaire pour aider leurs muscles à se nourrir à partir d’un régime alimentaire qui était traditionnellement riche en graisses et en protéines, mais manquait de glucose. Comme le mode de vie traditionnel des Inuits axé sur la chasse et la pêche a changé et qu’ils consomment des aliments différents, une évolution génétique qui leur a permis de survivre dans un environnement très inhospitalier pourrait maintenant avoir des conséquences négatives.

« Une meilleure compréhension des causes associées à la culture particulière des populations autochtones pour lesquelles les maladies courantes surviennent ne peut que mener à de meilleurs soins de santé et, dans ce cas, à la mise en œuvre de la médecine de précision », conclut le docteur Richards.

Cette étude est publiée dans le numéro de novembre de Diabetes Care.

Pour de plus amples renseignements ou pour planifier une entrevue avec le docteur Richards, communiquez avec :

Tod Hoffman
Agent des communications en recherche
Institut Lady Davis de l’Hôpital général juif
Bureau : 514 340-8222, poste 8661
thoffman@jgh.mcgill.ca


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