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09/01/2017
Un lien entre certains antidépresseurs et le risque d’hémorragie intracrânienne
Les antidépresseurs utilisés le plus souvent sont une classe de médicaments appelés inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine (ISRS). Bien que très efficaces et généralement bien tolérés, ces médicaments sont connus pour causer des saignements gastro-intestinaux. Une nouvelle étude menée par la docteure Christel Renoux, chercheuse principale à l’Institut Lady Davis de l’Hôpital général juif, démontre maintenant qu’ils augmentent le risque d’hémorragie intracrânienne (HIC) spontanée, un effet secondaire rare mais potentiellement grave. Les résultats de son étude de cohorte populationnelle sont publiés dans la revue JAMA Neurology.

« Les antidépresseurs qui sont de puissants inhibiteurs du recaptage de la sérotonine augmentent le risque d’HIC, en particulier au cours des trente premiers jours d’utilisation », a déclaré la docteure Renoux, professeure adjointe en neurologie à l’Université McGill. « Puisque l’inhibition du recaptage de la sérotonine n’est pas synonyme de leur efficacité à traiter la dépression, ce facteur devrait être pris en compte par les cliniciens au moment de décider lequel de ces médicaments prescrire. Par ailleurs, nous croyons qu’il est utile de classer les antidépresseurs en fonction de la puissance de leur inhibition du recaptage de la sérotonine. »

Le risque de saignement est directement associé à la puissance de l’inhibition du recaptage de la sérotonine de l’ISRS et les antidépresseurs peuvent être classés selon leur degré d’inhibition du recaptage de la sérotonine, ce que les auteurs ont fait dans leur article. Avec de puissants inhibiteurs, le risque d’HIC augmentait de 25 %. L’HIC peut être très grave, puisque l’accumulation de sang dans le crâne peut faire pression sur le cerveau ou réduire l’apport sanguin au cerveau et peut provoquer un accident vasculaire cérébral.

L’HIC ne s’était pas manifestée dans les études précédentes en raison de la rareté de cet effet et parce qu’il s’agissait de petits échantillons. La docteure Renoux a étudié les données de près de 1,4 million de patients ayant commencé à prendre des antidépresseurs entre 1995 et 2014 et provenant de la base de données Clinical Practice Research Datalink du Royaume-Uni. Il y avait, parmi eux, plus de 3 000 cas d’HIC.

Les antidépresseurs sont l’une des classes de médicaments les plus largement prescrites dans le monde occidental. De plus, ils sont souvent prescrits par des médecins omnipraticiens pour traiter des maladies non psychiatriques. Par exemple, ils sont souvent pris par les patients cardiaques qui sont susceptibles de présenter des signes de dépression à cause de leurs problèmes cardiaques. Ces patients présentent un risque encore plus élevé d’HIC lorsqu’ils prennent aussi des anticoagulants, qui comportent leurs propres risques de saignement. Par conséquent, il est important que les médecins soient conscients de la puissance de l’inhibition du recaptage de la sérotonine des antidépresseurs, puisqu’ils ont le choix entre différents traitements efficaces.

« Même si c’est un effet secondaire rare », a déclaré la docteure Renoux, « c’est un risque qui peut être réduit encore plus si les cliniciens tiennent compte de la puissance de l’inhibition du recaptage de la sérotonine lors du choix d’un médicament pour leurs patients. »

Un éditorial de la revue JAMA Neurology accompagnant l’article soulignait que, en raison de l’utilisation répandue des ISRS, « comprendre les risques neurologiques et les interactions potentiels avec d’autres médicaments prescrits couramment dans la prévention des AVC, comme les antithrombotiques, est très pertinent d’un point de vue clinique. »


“Association of Selective Serotonin Reuptake Inhibitors With the Risk for Spontaneous Intracranial Hemorrhage” (Le lien entre les inhibiteurs du recaptage de la sérotonine et le risque d’hémorragie intracrânienne spontanée), par la docteure Christel Renoux, est publié dans la revue JAMA Neurology.

Pour planifier des entrevues avec la docteure Renoux, communiquez avec :

Tod Hoffman
Agent des communications en recherche
Institut Lady Davis de l’Hôpital général juif
Bureau : 514 340-8222, poste 8661
thoffman@jgh.mcgill.ca


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