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La cigarette électronique plus efficace que le counseling seulement pour la cessation tabagique
Les fumeurs qui recevait du counseling en cessation tabagique et utilisaient les cigarettes électroniques contenant de la nicotine étaient deux fois plus susceptibles de réussir à cesser de fumer comparativement à ceux qui avaient reçu du counseling, mais n’utilisaient pas la cigarette électronique, dans un essai clinique présenté par le Dr Mark Eisenberg, cardiologue à l’Hôpital général juif, professeur de médecine à l’Université McGill, dans le cadre de la séance scientifique annuelle du congrès de l’American College of Cardiology.

À 12 semaines, 21,9 % des participants ayant utilisé des cigarettes électroniques contenant de la nicotine avaient cessé de fumer, 17,3 % des participants ayant utilisé des cigarettes électroniques sans nicotine avaient cessé de fumer et 9,1 % des participants ayant seulement reçu du counseling avaient cessé de fumer. Dans l’ensemble, ceux qui utilisaient des cigarettes électroniques contenant de la nicotine étaient 2,4 fois plus susceptibles de cesser de fumer que ceux qui ne vapotaient pas du tout.

« Ces résultats démontrent que les cigarettes électroniques contenant de la nicotine sont efficaces pour la cessation tabagique à court terme », a déclaré le Dr Eisenberg. « Le vapotage accompagné du counseling est plus efficace que le counseling seulement, bien que ce ne soit pas une solution miracle pour la cessation tabagique. » 

La popularité du vapotage a augmenté rapidement au cours des dernières années. Le Dr Eisenberg a mentionné qu’il y avait des données probantes qui démontraient que certains utilisateurs de cigarettes électroniques essayaient le vapotage pour diminuer leur consommation de tabac. Toutefois, seulement quelques essais cliniques ont évalué l’utilisation de la cigarette électronique comme outil de cessation tabagique, avec des résultats plutôt mitigés. D’autres recherches sont nécessaires pour élucider les répercussions potentielles sur la santé du vapotage, mais le docteur Eisenberg a déclaré qu’elles devraient être évitées par les jeunes et toute personne qui ne fume pas.

Le nouvel essai a été conçu pour reproduire les conditions réelles auxquelles les fumeurs de longue date sont exposés lorsqu’ils tentent de cesser de fumer. Les chercheurs ont recruté 376 participants dans 17 centres au Canada. Les participants avaient en moyenne 53 ans, avaient fumé pendant une moyenne de 35 ans et fumaient en moyenne 21 cigarettes par jour avant l’étude. Tous les participants étaient motivés à cesser de fumer. Au total, 91 % d’entre eux avaient déjà essayé de cesser de fumer, mais avaient échoué et la majorité avait déjà essayé les médicaments de renoncement au tabac ou la thérapie comportementale, sans succès. Les chercheurs ont toutefois rappelé que les effets sur la santé des cigarettes électroniques sont inconnus et qu’elles ne devraient pas être utilisées à des fins autres que la cessation tabagique.

Les participants étaient répartis en trois groupes : un tiers d’entre eux utilisaient des cigarettes électroniques contenant de la nicotine, un tiers des cigarettes électroniques sans nicotine et un tiers n’utilisaient pas de cigarettes électroniques. Tous les participants recevaient environ 100 minutes de counseling sur une période de 12 semaines qui comprenait des conseils sur la cessation tabagique. Ceux qui utilisaient des cigarettes électroniques avaient reçu la consigne de vapoter autant qu’ils le jugeaient nécessaire.

Les participants communiquaient leurs progrès par l’entremise de trois appels téléphoniques et deux rendez-vous au centre d’étude au cours de la période de traitement de 12 semaines. Lors des rendez-vous au centre d’étude, les participants subissaient un test respiratoire pour analyser leur taux de monoxyde de carbone et déterminer s’ils avaient fumé ou non. À la 12e semaine, ceux qui avaient déclaré ne pas avoir fumé de cigarette (même une bouffée) au cours de la dernière semaine, et qui réussissaient le test respiratoire, étaient considérés comme ayant cessé de fumer. Pour ceux qui n’avaient pas cessé de fumer, les chercheurs vérifiaient si les participants avaient diminué le nombre total de cigarettes consommées par jour par rapport au nombre de cigarettes qu’ils fumaient au début de l’étude.

Le Dr Eisenberg a déclaré que les taux de cessation tabagique, parmi les utilisateurs de cigarettes électroniques, étaient relativement élevés dans le contexte plus large de la recherche en cessation tabagique, en particulier étant donné que les participants étaient de gros fumeurs qui consommaient du tabac depuis des années. « Bien que ce ne sont pas des résultats cliniques comme les taux de décès ou de cancer du poumon, les résultats sont tout de même plutôt impressionnants », a-t-il déclaré.

Si on se base sur des taux de tabagisme initiaux de 21 cigarettes par jour, les participants qui utilisaient des cigarettes électroniques contenant de la nicotine avaient diminué leur consommation quotidienne de tabac à 13 cigarettes par jour, comparativement à 11 chez les participants ayant utilisé des cigarettes électroniques sans nicotine et sept chez ceux ayant reçu du counseling seulement.

L’étude a signalé peu d’événements indésirables. Un participant affecté au groupe utilisant des cigarettes électroniques contenant de la nicotine a présenté une exacerbation de sa maladie pulmonaire obstructive chronique, bien que ce ne soit pas clair si celle-ci était attribuable au vapotage.

« Nous avons désespérément besoin d’informations sur l’efficacité des cigarettes électroniques pour la cessation tabagique, mais [nous] avons [aussi] besoin de données sur leur innocuité », a déclaré le Dr Eisenberg. Il a suggéré qu’il pourrait être sage de limiter l’accès aux cigarettes électroniques aux personnes qui tentent activement de cesser de fumer sous la supervision d’un médecin.

Les chercheurs continueront de recueillir des données pendant un an, le dernier suivi devant se terminer en septembre 2020. Bien que les cigarettes électroniques semblent être efficaces pour la cessation tabagique à court terme, le suivi d’un an permettra de savoir si ces effets persistent au fil du temps.


Pour les questions des médias et pour planifier des entrevues avec le Dr Eisenberg, veuillez communiquer avec :
 
Tod Hoffman
Agent de communications en recherche
Institut Lady Davis
Tél. : 514 340-8222, poste 28661
Courriel : tod.hoffman@ladydavis.ca

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