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Un consortium international publie le premier rapport sur l’impact de la COVID-19 chez les patients atteints de cancer
Les personnes atteintes de cancer rendues malades par la COVID-19 ont un taux de décès brut de 13 % selon la plus vaste série de données publiées à ce jour d’un point de vue international. Les données portant sur plus de 900 patients, publiées dans The Lancet, ont aussi révélé la présence de facteurs propres au cancer associés à une augmentation de la mortalité.
 
Ces informations constituent le premier rapport provenant d’un projet international en cours réalisé par le Consortium sur le cancer et la COVID-19 (CCC19) visant à suivre les résultats chez cette population vulnérable. Le Centre du cancer Segal de l’Hôpital général juif fait partie d’un groupe de plus de 100 établissements participants au registre du CCC19 chapeauté par le Vanderbilt University Medical Center.
 
« Les personnes vivant avec un cancer font face à beaucoup d’incertitude dans l’ère de la COVID-19, notamment à savoir si l’équilibre entre les risques et les bénéfices dans le traitement du cancer a changé de façon fondamentale », a déclaré le docteur Jeremy Warner, professeur agrégé de médecine et de bio-informatique à l’Université Vanderbilt, l’auteur-ressource de l’étude. « Le taux de décès chez ce groupe de patients, globalement, était de 13 %, soit plus de deux fois celui rapporté pour tous les patients atteints de la COVID-19 (par le Center for Systems Science and Engineering de l’Université John Hopkins). Certains sous-groupes, comme les patients ayant un cancer actif (mesurable) et ceux ayant une altération de leur capacité fonctionnelle, obtenaient des taux encore bien pire. »
 
Ces données précoces ne démontraient pas de lien statistique entre les traitements pour le cancer et la mortalité à 30 jours, ce qui suggérait que la chirurgie, la chimiothérapie adjuvante et la chimiothérapie d’entretien pouvaient se poursuivre pendant la pandémie, mais avec une « extrême prudence ». L’étude mentionne que, bien que les patients plus âgés et ceux ayant des comorbidités majeures sont très à risque de décéder de la COVID-19, les conclusions précoces sont très encourageantes pour les patients n’ayant pas de problèmes médicaux importants qui ont reçu leur traitement contre le cancer dans les quatre semaines ayant suivi leur infection. Cependant, plus de données sont nécessaires pour évaluer de manière fiable les personnes recevant des traitements individuels à haut risque.
 
L’autre facteur associé à une augmentation de la mortalité était la présence d’un cancer actif, en particulier un cancer évolutif. Le risque de mortalité augmentait aussi avec le nombre de comorbidités, comme l’hypertension ou le diabète, en particulier en présence de deux ou plus. Comme c’est le cas chez les personnes qui ne sont pas atteintes de cancer, la mortalité augmentait avec l’âge. La mortalité était de 6 % chez les patients de moins de 65 ans atteints de cancer, 11 % chez ceux âgés de 65 à 74 ans et 25 % chez ceux âgés de plus de 75 ans. Les hommes avaient aussi un taux de mortalité plus élevé que les femmes, 17 % par rapport à 9 %.

« Nous avons rejoint le Consortium au début mars en fournissant des données sur nos patients atteints de cancer qui ont contracté une infection à la COVID-19. Cette collaboration se poursuit alors que le CCC19 se développe et entreprend des projets qui sollicitent toute la base de données », a déclaré le docteur Gerald Batist, directeur du Centre du cancer Segal. « Notre mission est double : premièrement, elle consiste à protéger les patients atteints de cancer contre leur risque très élevé d’infection et, deuxièmement, de les protéger des pressions imposées par le coronavirus sur le système de santé de façon à ce que leurs traitements anticancer essentiels puissent se poursuivre ainsi que les dépistages pour le cancer. C’est un défi que nous abordons avec nos collègues et les organismes gouvernementaux tout en soupesant les risques et les bénéfices avec nos patients. »
 
Le CCC19 a été mis sur pied pour recueillir rapidement des données dans le but de mieux comprendre les effets particuliers du nouveau coronavirus sur les personnes atteintes de cancer. Cela fut un effort gigantesque d’accumuler des données cliniquement pertinentes auprès d’un grand nombre de patients ayant une infection à la COVID-19. Le premier rapport définit certains des facteurs de risque et des résultats majeurs pour certains sous-groupes de patients. De nombreux autres projets du CCC19 sont en cours pour développer davantage ces connaissances dans le but d’informer les patients atteints de cancer et les intervenants.


Pour les questions des médias et pour planifier des entrevues avec le docteur Batist, veuillez communiquer avec :

Tod Hoffman
Agent de communications en recherche
Institut Lady Davis de l’Hôpital général juif
Tél. : 514 340-8222, poste 28661
Courriel : tod.hoffman@ladydavis.ca

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