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Le JAMA publie les résultats d’un essai clinique sur l’utilisation de cigarette électronique pour l’arrêt du tabac
Un grand essai clinique à répartition aléatoire, mené auprès d’adultes motivés à cesser de fumer, révèle que l’utilisation de la cigarette électronique avec nicotine combinée à la thérapie verbal est deux fois plus efficace que la thérapie verbal seule pour induire une abstinence durable après 12 semaines de traitement. Toutefois, après 24 semaines, la différence entre les deux groupes n’est plus significative. En revanche, le taux d’abandon du groupe ayant utilisé la cigarette électronique sans nicotine combinée à la thérapie verbal était significativement plus élevé que celui du groupe ayant eu recours la thérapie verbal seule après 24 semaines, mais pas après 12 semaines. C’est ce qui ressort des résultats publiés aujourd’hui par le JAMA.

L’essai en question, intitulé Evaluating the Efficacy of E-Cigarette use for Smoking Cessation (E3) [Évaluation de l’Efficacité de l’utilisation de la cigarette Électronique pour cesser de fumer], a été mené auprès de 376 participants recrutés dans 17 centres à traves le Canada entre novembre 2016 et septembre 2019 et avec la complètation des suivis en septembre 2020. En moyenne, les participants étaient âgés de 52 ans et fumaient environ 20 cigarettes par jour depuis une trentaine d’années. L’étude s’est terminée plus tôt que prévu en raison d’un retard dans la fabrication des cigarettes électroniques.

Le taux d’abstinence était significativement supérieur pour la cigarette électronique avec nicotine combinée à la thérapie verbal (21,9 %) que la thérapie verbal seule (9,1 %) après 12 semaines, mais pas après 24 semaines (17,2 % contre 9,9 %, respectivement). Quant à la cigarette électronique sans nicotine combinée à la thérapie verbal, le taux d’abstinence n’était pas significativement différent par rapport à la thérapie verbal seule après 12 semaines (17,3 % contre 9,1 %), mais l’écart était significative après 24 semaines (20,5 % contre 9,9 %).

Autre résultat digne de mention : la consommation quotidienne moyenne de cigarettes déclarée était significativement inférieure dans le groupe ayant utilisé la cigarette électronique avec nicotine combinée à la thérapie verbal que dans celui ayant eu à la thérapie verbal seule après 12 semaines (-12,6 contre -7,0) et après 24 semaines (-10,7 contre -5,5). La réduction de la consommation quotidienne moyenne déclarée était également significative chez les participants ayant utilisé la cigarette électronique sans nicotine combinée à la thérapie verbal que chez ceux ayant eu à la thérapie verbal seule après 12 semaines (-10,6 contre -7,0) et après 24 semaines (-9,1 contre -5,5).

« Les bienfaits pour la santé de la réduction du tabagisme (par rapport à l’abstinence complète) ne font pas consensus, » peut-on lire dans l’étude. « Or, les études montrent que les fumeurs qui réduisent leur consommation quotidienne ont plus de chances d’arrêter pour de bon lors de leurs prochaines tentatives. » C’est important, car la réduction du tabagisme facilite la désaccoutumance.

« Même si la cigarette électronique n’entraîne pas l’abandon immédiat du tabac, elle peut faire partie d’un processus de transition dont les effets se font sentir après un certain temps », explique le Dr Mark Eisenberg, chercheur chevronné et cardiologue à l’Institut Lady Davis de l’Hôpital général juif, qui était à la tête de l’étude. « Nous savons que la plupart des fumeurs font plusieurs tentatives de cessation tabagique avant de réussir, ce qui témoigne de l’emprise de cette dépendance. »

Des données provenant des États-Unis indiquent que plus de 70 % des fumeurs qui tentent de renoncer au tabac finissent par rechuter, même après avoir suivi une thérapie pharmacologique et/ou comportementale d’au moins cinq semaines. Malgré les risques bien connus du tabagisme, ce fléau continue de contribuer au décès de plus de 37 000 Canadiens chaque année. De plus, seulement 10 à 20 % des fumeurs réussissent à cesser de fumer à l’aide des traitements d’abandon du tabac approuver, par exemple les timbres de nicotine, la gomme de nicotine et la thérapie verbal.

L’essai E3 a été conçu pour déterminer si la cigarette électronique pouvait être une méthode plus efficace de cessation tabagique à long terme. « L’étude montre que certaines personnes, qui dans bien des cas ont essayé d’autres méthodes sans succès, obtiennent des résultats positifs avec la cigarette électronique, » poursuit le Dr Eisenberg, qui est aussi professeur à l’Université McGill. « Il n’existe donc pas de remède universel miracle. L’efficacité de la méthode thérapeutique dépend des besoins particuliers de chacun. »

« La cause de mortalité la plus réversible au Canada est le tabagisme, » ajoute-t-il. « Même s’il reste des doutes sur l’effets de la cigarette électronique à long term sur la santé, nous pensons qu’il s’agit d’une meilleure alternative que de continuer de consomer de la cigarette. »


Les médias sont priés d’adresser leurs demandes d’information ou d’entrevue avec le Dr Eisenberg à :

Tod Hoffman
Agent des communications en recherche
Institut Lady Davis
Tél. : 514 340-8222, poste 28661
Courriel : tod.hoffman@ladydavis.ca


Support research at the Lady Davis Institute - Jewish General Hospital