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29/03/2017
Le neurofeedback : traitement placebo efficace?
Le Dr Amir Raz, chercheur chevronné à l’Institut Lady Davis de l’Hôpital général juif, soutient que, malgré le fait que le neurofeedback semble efficace, ses vertus thérapeutiques proviennent dans une large mesure de l’effet placebo plutôt que des mécanismes du cerveau identifiés par les praticiens.

« Certaines personnes souffrant de troubles déficitaires de l’attention, de dépression et d’insomnie, entre autres, ont recours au neurofeedback en désespoir de cause, explique le Dr Raz, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en neurosciences cognitives de l'attention, à la Faculté de médecine de l’Université McGill. Parmi les milliers d’études sur le sujet, à peine une demi-douzaine sont contrôlées par placebo et réalisées en double-aveugle – la norme de référence pour une étude clinique. Et pour celles qui le sont, l’intervention et la condition placebo affectent le comportement de manière comparable. Autrement dit, nous disposons de très peu de données permettant d’apporter la preuve de l’action des mécanismes du cerveau dans le neurofeedback. »

Le neurofeedback est une procédure non invasive dans laquelle les participants peuvent observer l’activité de leur cerveau en temps réel. Cette technique promet de donner aux patients le contrôle d’un signal particulier de leur cerveau et d’améliorer les symptômes qui y sont associés. Mais il existe très peu de preuves indiquant que le fait de réguler un signal particulier du cerveau entraîne les changements de comportement attendus.

Dans une étude publiée dans la revue Brain, le Dr Raz et son étudiant au doctorat Robert Thibault soutiennent que les bénéfices du neurofeedback proviennent d’effets placebo. Ils soulignent que même les patients qui reçoivent le neurofeedback d’un cerveau autre que le leur s’améliorent, de la même manière que s’ils reçoivent la rétroaction de leur propre activité cérébrale.

Les personnes qui consacrent beaucoup de temps et d’argent à ce mode de traitement et qui sont impressionnées par la technologie des appareils utilisés sont fort motivées et disposées à profiter des bénéfices proposés; en fait, ils se sentent souvent mieux, selon les auteurs de l’étude. Les patients arrivent vraiment à modifier leur comportement, mais pas nécessairement en raison des effets attribués au traitement lui-même.

Le neurofeedback est très profitable et une multitude de cliniques offrent des traitements comprenant de dix à quarante séances dont le prix peut varier de 4 000 $ à 10 000 $. C’est un domaine en grande partie exempt de contraintes réglementaires. Beaucoup de patients recourent au neurofeedback après avoir consulté en médecine traditionnelle sans obtenir un soulagement adéquat. Le neurofeedback est également proposé aux personnes qui espèrent améliorer leur concentration et aux athlètes désireux d’améliorer leur performance.

« Des chercheurs se penchent depuis presque soixante ans sur la compréhension des mécanismes du cerveau qui interviennent en neurofeedback, mais très peu d’études portent sur les facteurs psychologiques sous-jacents qui entrent en jeu, ajoute Thibault. En attendant, il semble bien que ce soient les effets placebo qui procurent les grands bienfaits attribués à ce choix thérapeutique controversé. »

Pour plus d’information ou pour une entrevue avec le Dr Raz, communiquer avec :

Tod Hoffman
Agent de communications en recherche
Institut Lady Davis, Hôpital général juif
Bureau : 514-340-8222, poste 28661
thoffman@jgh.mcgill.ca


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